Mission scientifique des Revues Synergies du Gerflint

Ce choix tient compte de nombreux facteurs : la Mission générale du GERFLINT, les orientations thématiques de la revue définies dans sa politique éditoriale, la cohérence de sa programmation, les exigences de son calendrier, le soutien aux colloques et événements scientifiques particulièrement porteurs organisés localement, etc. Quels que soient les projets éditoriaux successivement retenus, le refus de se cantonner dans un domaine unique, le souci de « libérer » les disciplines (la didactique des langues, la didactique du  « Français Langue  étrangère » par exemple) de pensées réductrices sont la tonique et la dominante des missions scientifiques des Rédacteurs en chef et de leur équipe. 
 
Les Revues Synergies du GERFLINT, les Sciences Humaines et la Didactique
 Jacques Cortès, Président du GERFLINT
 
Toutes les revues du GERFLINT, Groupe rattaché à la Fondation Maison des Sciences de l'Homme de Paris, concernent les sciences humaines et sociales en général, c'est-à-dire tout ce qui touche à la culture : littérature, histoire, géographie, philosophie, sociologie, linguistique, énonciation, sociolinguistique, discours, bilinguisme, multilinguisme, etc.
 
Ce qui fait l'intérêt des revues du GERFLINT, ce n'est pas une spécialisation rigoureuse dans l'enseignement/apprentissage des langues mais un élargissement à tout ce qui concerne la communication au plan international. La didactique fait donc partie des champs disciplinaires du GERFLINT sous la seule réserve qu'on ne la ramène pas à la tradition qui prévalait dans les années 60 et 70 du siècle dernier où on la confondait volontiers avec la linguistique appliquée. Ce n'est plus le cas.
 
Certaines de nos revues s'inspirent - et on ne peut les en blâmer - du Cadre européen commun de référence pour les langues qui est un outil de travail intéressant à placer dans un continuum marquant l'évolution des idées depuis les Méthodes Audio-Visuelles et les Méthodes Audio-Orales des années 50, jusqu'à l'approche communicative du Threshold Level des années 70 qui s'est ensuite élargie - mondialisation et cosmopolitisation aidant - vers l'éclectisme des centrations les plus diverses (enseignant, enseigné, matière, méthode, objectif, etc.) avec la production d'approches, de progressions et d'évaluations locales toutes plus intéressantes les unes que les autres. Ce nécessaire retour sur la trajectoire suivie par la recherche didactique depuis environ 60 ans, est une nécessité. Les disciplines ont toutes une Histoire qu'il est bon de reconstruire rationnellement sur le territoire où la revue se trouve. Cela étant dit, le débat doit être aussi largement ouvert que possible pour éviter une polarisation réflexive (de plus en plus nette chez certains thuriféraires de la modernité) sur un positivisme didactique plus jargonnant que réellement éclairant.
 
Les Revues Synergies du GERFLINT sont donc largement ouvertes sur l'ensemble du "territoire" infini de la communication. Une telle idée est loin d'une invitation à la dissidence didactique. Rappelons simplement que le grand principe défendu dans les revues du GERFLINT, c'est (avec son Président d'honneur Edgar Morin), la Complexité qui n'est pas la recherche de certitudes déjà bien établies, de recettes définitives et claires et de progressions vers un but précis, mais la construction progressive d'un chemin (« Caminante, no hay camino, se hace camino al andar »). Aucun scepticisme en cela, mais refus de tout dogmatisme "déguisé en savoir véritable".
 
Chaque équipe du GERFLINT, à l’ère planétaire, trouve progressivement son chemin et le caractère tout à la fois scientifique, pratique, littéraire, poétique et humain de sa mission en se gardant de tout didactisme strict, non pas pour condamner la didactique mais pour remettre cette dernière à sa place, la délivrer d'un "mode de pensée qui mutile, réduit, unidimensionnalise la réalité".